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Résultats semestriels de La Poste : des résultats en trompe-l’oeil

mardi 7 août 2018, par Philippe C.

Communiqué de la fédération SUD PTT

La Poste, dans un communiqué de presse le 1er août, s’est félicitée des résultats en progression du groupe. Ces résultats sont pourtant loin d’être satisfaisants, le résultat d’exploitation s’appuyant une nouvelle fois sur des événements exceptionnels.

Merci aux bijoux de famille !
Sur les 806 millions d’euros de Résultat d’exploitation réalisés par La Poste entre juin 2017 et juin 2018, une part non négligeable provient d’événements exceptionnels : la vente de l’immeuble « La Boétie » avec une plus value réalisée de 168 millions d’euros et d’un effet comptable pour l’augmentation des missions d’intérêt général qui représente 65 millions d’euros. En effet, leur paiement en 2017 avait été réalisé au 2ème semestre au lieu du 1er semestre. Les comptes présentés comportent donc cette somme en double (qui ne se retrouvera pas dans les comptes de fin d’année 2018) La Poste n’a pas oublié de rappeler qu’à l’inverse, ces résultats sont impactés par un accord qui visait à juste compenser les pertes de salaires des postiers dus à la hausse de la CSG (nous noterons d’ailleurs que les postier-es n’ont pas eu ce fameux coup de pouce au pouvoir d’achat annoncé par le gouvernement Macron-Philippe). Mais, au final, ce sont un peu plus de 20 % du REX qui relèvent d’événements exceptionnels. Cela fait plusieurs années que le REX du groupe est boosté par de tels tours de passe-passe... Les limites seront trouvées quand il n’y aura plus de bijoux à vendre...

Le courrier et GEOPOST dans la tourmente !
Le satisfecit trouve particulièrement ses limites dans les résultats du courrier et de GEOPOST. Aucune surprise pour le courrier, la hausse des tarifs qui a rapporté 192 millions d’euros ne parvient pas à enrayer la chute du Chiffre d’Affaires dû aux pertes de volumes du courrier « classique » que l’augmentation du CA du colis et de l’imprimé publicitaire (provenant principalement des entreprises à l’étranger, la France subissant un recul) ne parviennent pas à enrayer. Du côté du colis express, la situation allemande a de quoi inquiéter puisqu’elle plombe durablement les comptes du groupe et le Résultat d’Exploitation de DPD.La guerre des prix et l’alignement sur ce La poste considère comme la norme du marché, à savoir un recours très massif à la sous-traitance, a vite trouvé ses limites dans un secteur hautement concurrentiel. Si DHL/Deutsche Post en paie lourdement le prix, le chiffre d’affaire organique de DPD qui est de + 29 millions d’euros risque d’être négatif en fin d’année quand il était de + 45 millions d’€ en juin 2017, après plusieurs années d’euphorie. Cette situation est encore plus alarmante puisque l’amende de 144 millions d’euros infligé par la justice à La Poste et les autres opérateurs du colis express pour entente illicite n’a été diminuée que de 8 millions d’euros par la Cour d’Appel de Paris bien loin des espérances de la direction de La Poste !

Le réseau ne s’en sort pas mieux
Le réseau n’est pas dans un meilleur état avec une chute assez impressionnante de son Résultat d’Exploitation. La fermeture des bureaux continue sur sa lancée : 78 fermetures remplacées par 174 points partenaires en urbain et 92 en rural entraîne un déclin de la fréquentation des bureaux, mais aussi des automates.

... comme La Banque Postale
Quant à La Banque Postale, les taux bas affectent toujours ses résultats. La Poste se félicite de l’augmentation des encours de crédits ou des assurances non-vie, mais elle cache une réalité plus problématique : le nombre de clôtures de compte des particuliers dépasse largement le nombre des ouvertures.

La question du modèle et de l’avenir du service public postal se pose donc crûment, à un moment où des discussions ont lieu sur la composition de l’actionnariat entre l’État et la CDC laissant envisager une prise majoritaire de la CNP par La Banque Postale. Ce n’est pas le cavalier législatif introduit dans la loi PACTE sur la composition du conseil d’administration qui est de nature à rassurer les postier-es, même si l’État et le Président de La Poste ont affirmé que cela n’avait rien à voir.

La direction du groupe peut toujours se satisfaire de son bilan à coup de méthode Coué, il cache pourtant des réalités bien différentes...

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